Entre Liège et Maastricht, l'industrie extractive a brisé les continuités du territoire. Les carrières ont établi des plans de reconversion, mais leur viabilité économique, écologique et civique reste incertaine. Sur le site du Romont, la solution privilégiée reconstitue les surfaces agricoles antérieures à l'exploitation : elle suppose une remise à niveau des terres, donc des moyens lourds et un charroi préjudiciable aux habitants comme aux écosystèmes.
Nous proposons plutôt de réhabiliter les sites carriers en massifs forestiers. La forêt s'adapte mieux aux milieux accidentés, forme des foyers de biodiversité et évite le remblai complet des carrières, donc l'essentiel du charroi. À partir du relief et des chemins existants, nous traçons des sentiers de balade reconnectés aux routes qui mènent aux villages.
Pour que le projet ne forme pas une île de plus, il s'attache à son contexte. Une ancienne voie romaine reliant Liège à Maastricht, en cours de redynamisation, traverse les carrières de Marnebel et de Loën et rejoint des réseaux de balades existants. Le RAVeL, les points-nœuds et les chemins agricoles relient les carrières entre elles et aux villages, pendant que de nouvelles continuités vertes, ponctuées de haies, rejoignent les forêts isolées et la zone Natura 2000 de la montagne Saint-Pierre.
La dernière phase, en binôme, ponctue la traversée de la carrière de Loën en n'occupant que des plates-formes déjà dégagées. À l'arrivée, un espace surplombant le village devient la zone d'accueil : dalles enherbées récupérées de l'exploitation, cabanon-guinguette et blocs de pierre en guise de bancs au bord de la falaise. Plus loin, un promontoire s'élance dans le vide, prolongé en contrebas par une terrasse vers un chemin en lacets, au milieu duquel une trame de bouleaux reprend l'axe du promontoire.





L'entrée
Un large replat surplombe le village. Requalifié en zone d'accueil : des dalles enherbées récupérées de l'exploitation, un cabanon qui sert de guinguette l'été, des bancs au bord de la falaise.
Le promontoire
Une plateforme à deux niveaux. En haut, un promontoire s'élance dans le vide, son axe glissant entre les deux crêtes pour chercher la perspective la plus lointaine. En contrebas, une terrasse sert d'étape vers le chemin en lacets.
Les bouleaux
Au milieu des lacets, un espace sans vie où quelques souches subsistent. Une série de bouleaux y est replantée côté falaise, suivant la trame du promontoire ; l'autre côté reste ouvert sur la carrière.



































